CANCEROLOGIE VETERINAIRE

Dr Stéphane DOLIGER – vétérinaire


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Metformine et cancer

INTRODUCTION

Metformine

Intérêt de la metformine en cancérologie

La metformine, l’antidiabétique oral le plus utilisé dans le monde, pourrait-il révolutionner le traitement de certains  cancers ?

Plusieurs études épidémiologiques récentes ont en effet montré que les diabétiques prenant de la metformine avaient beaucoup moins de risque de développer un cancer.

Depuis une dizaine d’années, de nombreuses études pré-cliniques in vitro ou in vivo ont également démontré l’activité anticancéreuse de la metformine.

Actuellement, l’objectif de la recherche clinique est de savoir si la metformine a seulement un effet préventif, ou si elle est également  intéressante  pour traiter un cancer déjà existant.

Jusqu’à présent, en médecine vétérinaire, la metformine est peu utilisée dans le traitement du diabète. Par contre, étant donné son potentiel anticancéreux et sa très bonne tolérance chez le chien et le chat, une étude est actuellement en cours au Centre Hospitalier Vétérinaire St Martin pour évaluer son intérêt dans le traitement de diverses tumeurs canines ou félines.

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Le dichloroacétate (DCA) : cibler les mitochondries pour lutter contre le cancer ?

Petscan d’une tumeur colorectale métastasée au foie (source wikipedia)

La plupart des molécules utilisées dans le traitement du cancer s’intéressent à la multiplication cellulaire (chimiothérapie cytotoxique) ou à des particularités métaboliques des cellules cancéreuses (thérapies ciblées). Jusqu’à récemment, aucune stratégie thérapeutique ne s’intéressait aux mitochondries des cellules cancéreuses.

Pourtant, depuis les travaux d’Otto WARBURG dans les années 30, on sait que les cellules cancéreuses présentent une particularité commune : elles consomment énormément de glucose et produisent beaucoup d’acide lactique car leurs mitochondries sont incapables de métaboliser le pyruvate en ATP (cycle de Krebs). Cette particularité des cellules cancéreuses est mise à profit depuis des années pour diagnostiquer les tumeurs grâce à la tomographie par émission de positons (PetScan), mais n’avait jamais vraiment été explorée en tant que possibilité thérapeutique.

Depuis peu de temps, plusieurs équipes travaillent sur cette particularité métabolique commune à la plupart des cellules cancéreuses pour développer de nouveaux traitements : le dichloroacétate (DCA) fait partie de cette approche métabolique du traitement des cancers. Des essais cliniques sont actuellement en cours pour évaluer l’intérêt du DCA dans le traitement de certaines tumeurs chez l’homme (cf travaux du Dr Michelakis).  Un essai clinique est également en cours au CHV St Martin pour évaluer son intérêt chez le chien.

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La chimiothérapie du lymphome malin chez le chien

lymphome wikipedia cytoLe lymphome malin est une tumeur cancéreuse des lymphocytes, cellules intervenant dans l’immunité et présentes dans les noeuds lymphatiques (ganglions), mais également dans le sang et dans tout l’organisme.

En médecine vétérinaire, le lymphome malin est l’une des tumeurs les plus fréquentes du chien et du chat (incidence annuelle de 15 à 20 cas pour 100 000 chiens). C’est également la tumeur qui répond probablement le mieux à la chimiothérapie anticancéreuse : on peut espérer une rémission complète après un mois de traitement dans 90% des cas. La survie médiane (50% des chiens encore en vie) est de 9 à 10 mois. Selon les protocoles utilisés et le stade clinique au moment du diagnostic, des survies longues (> 2 ans) sont possibles pour 10 à 35 % des chiens.

Faut-il ou non traiter le  lymphome malin du chien ?  Cette décision est toujours difficile à prendre pour un propriétaire car la chimiothérapie est un traitement coûteux et non sans risque pour l’animal. De plus, la législation française sur la chimiothérapie vétérinaire impose d’hospitaliser les animaux recevant une chimiothérapie : cela est plutôt un bon point d’un point de vue médical (meilleure gestion des effets secondaires), mais le coût de l’hospitalisation réglementaire de 24 à 48h augmente nettement la facture !

Le but de cet article est de présenter de façon la plus simple possible le protocole le plus utilisé en médecine vétérinaire (CHOP ou ACOPA) afin d’aider les propriétaires de chiens porteurs de lymphome malin à prendre la meilleure décision pour leur compagnon.

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