CANCEROLOGIE VETERINAIRE

Dr Stéphane DOLIGER – vétérinaire


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Le dichloroacétate (DCA) : cibler les mitochondries pour lutter contre le cancer ?

Petscan d’une tumeur colorectale métastasée au foie (source wikipedia)

La plupart des molécules utilisées dans le traitement du cancer s’intéressent à la multiplication cellulaire (chimiothérapie cytotoxique) ou à des particularités métaboliques des cellules cancéreuses (thérapies ciblées). Jusqu’à récemment, aucune stratégie thérapeutique ne s’intéressait aux mitochondries des cellules cancéreuses.

Pourtant, depuis les travaux d’Otto WARBURG dans les années 30, on sait que les cellules cancéreuses présentent une particularité commune : elles consomment énormément de glucose et produisent beaucoup d’acide lactique car leurs mitochondries sont incapables de métaboliser le pyruvate en ATP (cycle de Krebs). Cette particularité des cellules cancéreuses est mise à profit depuis des années pour diagnostiquer les tumeurs grâce à la tomographie par émission de positons (PetScan), mais n’avait jamais vraiment été explorée en tant que possibilité thérapeutique.

Depuis peu de temps, plusieurs équipes travaillent sur cette particularité métabolique commune à la plupart des cellules cancéreuses pour développer de nouveaux traitements : le dichloroacétate (DCA) fait partie de cette approche métabolique du traitement des cancers. Des essais cliniques sont actuellement en cours pour évaluer l’intérêt du DCA dans le traitement de certaines tumeurs chez l’homme (cf travaux du Dr Michelakis).  Un essai clinique est également en cours au CHV St Martin pour évaluer son intérêt chez le chien.

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La chimiothérapie du lymphome malin chez le chien

lymphome wikipedia cytoLe lymphome malin est une tumeur cancéreuse des lymphocytes, cellules intervenant dans l’immunité et présentes dans les noeuds lymphatiques (ganglions), mais également dans le sang et dans tout l’organisme.

En médecine vétérinaire, le lymphome malin est l’une des tumeurs les plus fréquentes du chien et du chat (incidence annuelle de 15 à 20 cas pour 100 000 chiens). C’est également la tumeur qui répond probablement le mieux à la chimiothérapie anticancéreuse : on peut espérer une rémission complète après un mois de traitement dans 90% des cas. La survie médiane (50% des chiens encore en vie) est de 9 à 10 mois. Selon les protocoles utilisés et le stade clinique au moment du diagnostic, des survies longues (> 2 ans) sont possibles pour 10 à 35 % des chiens.

Faut-il ou non traiter le  lymphome malin du chien ?  Cette décision est toujours difficile à prendre pour un propriétaire car la chimiothérapie est un traitement coûteux et non sans risque pour l’animal. De plus, la législation française sur la chimiothérapie vétérinaire impose d’hospitaliser les animaux recevant une chimiothérapie : cela est plutôt un bon point d’un point de vue médical (meilleure gestion des effets secondaires), mais le coût de l’hospitalisation réglementaire de 24 à 48h augmente nettement la facture !

Le but de cet article est de présenter de façon la plus simple possible le protocole le plus utilisé en médecine vétérinaire (CHOP ou ACOPA) afin d’aider les propriétaires de chiens porteurs de lymphome malin à prendre la meilleure décision pour leur compagnon.

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Les inhibiteurs des pompes à protons : un nouvel espoir en cancérologie ?

VATPaseLes cellules tumorales utilisent principalement la glycolyse anaérobie (cycle de Cori) et  produisent beaucoup d’ions H+, en particulier sous la forme d’acide lactique (effet Warburg).  Sans élimination efficace de ces protons, une cytolyse interviendrait rapidement. Les cellules tumorales éliminent donc ces protons intra-cellulaires grâce à une surexpression de pompes à protons membranaires de type V-ATPases (Vacuolar H+ ATPases).

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Le jeûne thérapeutique contre le cancer ?

Le Pr Valter LONGO est un chercheur réputé pour ses travaux sur le jeûne thérapeutique : il  présente dans cette vidéo (en anglais) le résultat des travaux de recherche de son équipe sur l’intérêt du jeûne thérapeutique  avant une chimiothérapie.  Des cycles de jeûne de courte durée auraient un effet protecteur sur les cellules saines vis à vis du stress oxydatif engendré par la chimiothérapie  chez les levures,  les souris et peut-être également chez l’homme ! Cet effet protecteur n’est heureusement pas observé sur les cellules cancéreuses : au contraire, la chimio-sensibilité des tumeurs pourrait être augmentée par le jeûne thérapeutique  !

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