CANCEROLOGIE VETERINAIRE

Dr Stéphane DOLIGER – vétérinaire

Le dichloroacétate (DCA) : cibler les mitochondries pour lutter contre le cancer ?

20 Commentaires

Petscan d’une tumeur colorectale métastasée au foie (source wikipedia)

La plupart des molécules utilisées dans le traitement du cancer s’intéressent à la multiplication cellulaire (chimiothérapie cytotoxique) ou à des particularités métaboliques des cellules cancéreuses (thérapies ciblées). Jusqu’à récemment, aucune stratégie thérapeutique ne s’intéressait aux mitochondries des cellules cancéreuses.

Pourtant, depuis les travaux d’Otto WARBURG dans les années 30, on sait que les cellules cancéreuses présentent une particularité commune : elles consomment énormément de glucose et produisent beaucoup d’acide lactique car leurs mitochondries sont incapables de métaboliser le pyruvate en ATP (cycle de Krebs). Cette particularité des cellules cancéreuses est mise à profit depuis des années pour diagnostiquer les tumeurs grâce à la tomographie par émission de positons (PetScan), mais n’avait jamais vraiment été explorée en tant que possibilité thérapeutique.

Depuis peu de temps, plusieurs équipes travaillent sur cette particularité métabolique commune à la plupart des cellules cancéreuses pour développer de nouveaux traitements : le dichloroacétate (DCA) fait partie de cette approche métabolique du traitement des cancers. Des essais cliniques sont actuellement en cours pour évaluer l’intérêt du DCA dans le traitement de certaines tumeurs chez l’homme (cf travaux du Dr Michelakis).  Un essai clinique est également en cours au CHV St Martin pour évaluer son intérêt chez le chien.

MODE d’ACTION du DCA

Le dichloroacétate de sodium (DCA) est un dérivé halogéné de l’acide acétique. Il s’agit d’une molécule de synthèse n’existant pas à l’état naturel, mais très facile à fabriquer pour un coût modique : l’acide acétique est en effet  le composant principal du vinaigre ! Alors que la forme pure  (acide dichloroacétique) est un acide fort très corrosif utilisé en chimie de synthèse, le dichloroacétate de sodium est une molécule très soluble dans l’eau et non irritante pour les muqueuses.

Le DCA est utilisé depuis plus de 30 ans en médecine humaine, entre particulier pour le traitement de l’acidose lactique congénitale. Il s’agit donc d’une molécule générique (non brevetable et peu couteuse), dont les effets secondaires sont connus chez l’homme (Stacpool & col) comme chez le chien (Cicmanec & col, 1991).

Le métabolisme du glucoseDans une cellule saine, le glucose est tout d’abord oxydé au niveau du cytosol cellulaire en pyruvate avec production de 2 molécules d’ATP.  Dans les conditions normales (aérobiose), le pyruvate ainsi produit va ensuite subir une décarboxylation oxydative par plusieurs enzymes dont la pyruvate deshydrogénase (PDH), pour produire de l’acétyl-coenzyme A qui pourra alors incorporer le cycle de Krebs (ou cycle de l’acide citrique) au sein des mitochondries (phosphorylation oxydative). Le bilan énergétique de la glycolyse suivie de la phosphorylation oxydative du glucose est alors de 36 ATP.

Les cellules cancéreuses, quant à elles,  sont avides de glucose car elles présentent un métabolisme incomplet du glucose. En effet, elles sont incapables de réaliser la phosphorylation oxydative à cause du blocage de la PDH : le pyruvate produit en excès dans le cytoplasme va alors être transformé en lactates qui seront éliminés de la cellule par les pompes à protons V-ATPases (cf article sur les IPP dans le traitement du cancer). Le lactate ainsi produit sera soit éliminé par voie urinaire, soit transformé à nouveau en glucose par le foie (cycle de Cori) avec consommation de 4 ATP ! Le bilan énergétique du métabolisme du glucose par une cellule cancéreuse est donc catastrophique :  production au mieux de 2 ATP pour une molécule de glucose  et au pire consommation de 4 ATP lors du cycle de Cori ! Cela est responsable entre autre de la cachexie cancéreuse et peut être mis à profit en imagerie médicale par la tomographie par émission de positons (PetScan).

Mode d'action du dichloroacétate

Mode d’action du dichloroacétate

Le DCA active la PDH (Pyruvate Deshydrogénase) par l’intermédiaire de l’inactivation de la PDK (Pyruvate Deshydrogénase Kinase). La PDH va alors augmenter  la synthèse d’acétyl coenzyme A à partir du pyruvate et donc augmenter le substrat principal du cycle de Krebs. La réactivation du cycle de Krebs dans les mitochondries déclenche alors l’apoptose des cellules cancéreuses, comme si elles se "réveillaient" et réalisaient qu’elles ne fonctionnent plus correctement !

EFFETS SECONDAIRES et TOXICITE du DCA

Chez l’homme, la toxicité du DCA est bien connue car cette molécule a été étudiée  depuis plus de 40 ans pour traiter l’acidose lactique quelqu’en soit la cause. En particulier, des patients présentant une acidose lactique congénitale, maladie métabolique rare, ont été suivis pendant des années par le Pr Peter STACPOOL qui est l’un des chercheurs qui a le plus étudié le dichloroacétate chez l’homme.

Chez l’homme, la principale toxicité chronique du DCA est neurologique : à la posologie de 12,5 mg/kg matin et soir , on peut constater  l’apparition progressive d’une neuropathie périphérique, généralement  réversible à l’arrêt du traitement.  Des tremblements, de la léthargie ou encore une fatigabilité accrue sont également décrits. L’administration concomitante de thiamine (vitamine B1) ou d’acide alpha lipoïque pourrait limiter la survenue de ces effets secondaires.

Des effets secondaires gastro-intestinaux (vomissements, diarrhée) sont également possibles. L’adminstration d’inhibiteur des pompes à protons comme l’oméprazole ou le lansoprazole permettent généralement de limiter ces problèmes.

Chez le chien, le DCA provoque une toxicité neurologique à des posologies élevées (> 40 mg/kg/j), mais il semble bien toléré à des posologies de 10 à 15 mg/kg matin et soir.

RESULTATS du DCA en CANCEROLOGIE

Les études in vitro (cultures cellulaires) ont montré que le DCA pouvait inhiber le développement des cellules cancéreuses issus de plusieurs types tumoraux : glioblastome, adénocarcinome du colon, adénocarcinome prostatique ou encore cancer du sein métastasé.

Administré dans l’eau de boisson, le DCA a permis d’augmenter très nettement la survie de souris auxquelles des cellules de tumeurs pulmonaires (SCLC ou Small Cell Lung Cancer) avaient été greffées  (Sutendra et al, 2012). De même, des souris auxquelles des cellules de cancer du sein  avaient été injectées en IV, ont eu moins de métastases pulmonaires lorsqu’elles recevaient du DCA. (Sun et al, 2010).

Ces données pré-cliniques ont permis au Dr Michelakis de l’Université d’Alberta au Canada, de commencer à traiter des patients atteints de glioblatomes multiformes, une tumeur cérébrale de très mauvais pronostic : environ 7 mois de survie médiane après radiothérapie et chimiothérapie. Sur les 5 patients traités, 4 étaient encore en vie avec une tumeur stabilisée après 15 mois de traitement avec le DCA !

Plusieurs essais cliniques concernant le DCA sont actuellement en cours en médecine humaine. Bien que cela ne soit pas conseillé, de nombreux malades porteurs de diverses tumeurs prennent également du DCA hors essai clinique. Sur le forum d’un site internet  consacré au DCA (www.thedcasite.com), plusieurs personnes relatent leur expérience personnelle de ce traitement.

A ma connaissance, le dichloroacétate n’avait jamais été testé en cancérologie vétérinaire. Plusieurs essais cliniques chez le chien, associant DCA, acide alpha lipoïque et hydroxycitrate, sont actuellement en cours au CHV St Martin. Ces essais ont été mis au point en collaboration avec le Dr Laurent SCHWARTZ, pionnier de l’approche métabolique des cancers en France. Ces essais cliniques recrutent des chiens porteurs de tumeurs solides à des stades avancés (métastases) ou des lymphomes malins multicentriques.

Une vidéo très intéressante (en anglais) sur l’intérêt du DCA :

 

BIBLIOGRAPHIE

Abdelmalak M et col : Long-term safety of dichloroacetate in congenital lactic acidosis. Mol Genet Metab. 2013 Jun, 109 (2) : 139-43.

Stacpoole PW et col : Controlled Clinical Trial of Dichloroacetate for the Treatment of Congenital Lactic Acidosis in Children. Pediatrics, 2006 May, 117 (5) : 1519-31.

Stacpoole PW et col : Evaluation of Long-term Treatment of Children with Congenital Lactic Acidosis with Dichloroacetate. Pediatrics, 2008 May, 121 (5) : 1223-28.

Cicmanec JL, Condie LW, Olson GR, Wang SR : 90-Day toxicity study of dichloroacetate (DCA) in dogs. Fundam Appl Toxicol. 1991 Aug;17(2):376-89.

Sutendra G et col : Mitochondrial activation by inhibition of PDKII suppresses HIF1a signaling and angiogenesis in cancer. Oncogene. 2013 Mar 28;32(13):1638-50

Sun RC et col : Reversal of the glycolytic phenotype by dichloroacetate inhibits metastatic breast cancer cell growth in vitro and in vivo. Breast Cancer Res. Treat., 2010, 120 : p 253-260.

Michelakis ED et col : Metabolic modulation of glioblastoma with dichloroacetate. Sc. Transl. Med., 2010 (May), 2 (31) : 31ra34.

Auteur : Stéphane DOLIGER

Vétérinaire diplômé de l'Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse en 1989 Je suis actuellement consultant en Cancérologie et en Médecine interne au Centre Hospitalier Vétérinaire Saint Martin à Saint Martin Bellevue en Haute Savoie (à côté d'Annecy)

20 réflexions sur “Le dichloroacétate (DCA) : cibler les mitochondries pour lutter contre le cancer ?

  1. En cas de neuropathie, quels délais de réversibilité avez-vous pu observer chez le chat après la prise de vitamine B1 ?

    Le DCA sous forme de sirop ne génèrerait-t-elle pas une perte d’efficacité de la molécule ? Donc comment faire ingérer une (voire 2) gélule au chat ?

    • Bonjour,

      jusqu’à présent, je n’ai jamais donné de thiamine avec le dichloroacétate.
      Lors d’effets secondaires neurologiques, la réversibilité des symptômes à l’arrêt du DCA est rapide (24 à 48h), ce qui permet de confirmer que ces signes sont bien dûs au DCA. En général, je reprends ensuite avec une posologie moins forte.
      Je n’utilise plus de sirop pour les chats ou les petits chiens, mais je prépare des gélules de 50 mg de DCA et les propriétaires ajustent la posologie en diluant le contenu de la gélule dans 5 ml d’eau (=> 10 mg/ml) juste avant administration et en donnant la quantité requise de DCA dilué.

  2. Comment le DCA est-il administré (gelules, poudre, solution aqueuse ?

    • Bonjour
      le DCA est commandé directement par les propriétaires via internet. Il peut être reconditionné en gélule ou donné dans un sirop car il est très soluble et n’a pas de gout particulier.
      Les effets secondaires sont peu visibles à 10 mg/kg matin et soir et des neuropathies rapidement réversibles sont possibles au-delà. Les bilans hématologiques et biochimiques réalisés régulièrement ne montrent pas d’anomalies imputables au DCA.
      Pour l’instant l’étude est toujours en cours car il est difficile d’inclure des cas. A ce jour, j’ai traité seulement une dizaine d’animaux présentant des tumeurs de mauvais pronostic (lymphomes malins, fibrosarcomes, carcinomes épidermoïdes, mélanomes malins), avec des résultats variables.

  3. Bonjour,
    Quels sont les résultats dans le cas de fibrosarcomes félins réséqué ou non-résécable résistant aux thérapies ciblées ?
    Véronique – Grenoble

    • Bonjour

      je traite depuis novembre un chat présentant une récidive de fibrosarcome de haut grade de la paroi thoracique avec métastases pulmonaires. Ce chat reçoit un traitement à base de dichloroacétate (10 mg/kg BID) et d’hydroxycitrate (10 mg/kg BID) depuis novembre 2013. Il est encore vivant, mais la tumeur est en progression lente. Je pense que l’idéal aurait été d’associer l’approche métabolique (DCA/HCA) avec un traitement cytotoxique conventionnel, mais cela a été refusé par les propriétaires.

      • Votre cas clinique est très intéressant :
        – quels sont les effets secondaires et la toxicité observés sur ce chat suivant le traitement DCA/HCA ?
        – quel est le coût du traitement ?
        – avec quels examens (mensuels), le suivi est-il réalisé ?
        – réalisez-vous des essais cliniques sur des chats porteurs de tumeurs solides ?
        – une modification alimentaire a-t-elle été intégrée au protocole ?

        Merci de vos réponses,
        Grenoble

  4. Bonjour,

    Voila je suis tomber sur votre site car j’ai actuellement un chien atteint de lymphome B agé de 7 ans. J’aurais voulu avoir votre mail afin de vous poser diverses questions pour aider mon chien a traverser cette épreuve le mieux possible.

    Dans l’attente de vous lire rapidement

    Cordialement,

    Aymeric

    • Bonjour

      je suis désolé, mais il m’est impossible de faire des consultations via email ou internet.
      Les consultations de cancérologie durent en moyenne 1 heure afin de pouvoir examiner le chien ou le chat malade, recueillir les antécédents, vérifier toutes les analyses déjà effectuées (et en faire d’autres si nécessaire) et discuter avec les propriétaires d’animaux de toutes les options thérapeutiques. Vous comprendrez donc que cela n’est absolument pas possible sur internet !

  5. le DCA a t il des effets secondaires avec la prednison??

    • J’utilise le DCA sans problème avec des corticoïdes.

      • Bonjour Stéphane et bonjour à tous les lecteurs de ce blog. A ceux qui s’intéressent en particulier au DCA, je crois qu’il faut rester raisonnable sur ses effets. Il a de bien qu’il n’est pas aussi dangereux que d’autres traitements, qu’il est associable aux corticoïdes, mais c’est un traitement annexe des cancers, très utile certes, mais qui vient dans un tableau thérapeutique plus large. Quant au prix, j’ai eu la fâcheuse déception de le voir très très très augmenté dernièrement par les chimistes, sauf à l’acheter en Chine à la tonne !
        Au-delà de cet aspect du traitement des cancers, je reviens ici faire part de résultats très encourageants obtenus par le traitement naturel que j’ai mis au point. Je suis aussi content que les travaux de Beljanski soient enfin reconnus, puisqu’enfin les biologistes ont mis en évidence l’importance fondamentale de l’environnement et son cortège d’informations dans la différenciation cellulaire, qui restait une grande énigme encore ! Qui a songé au fait qu’autant de cellules très différentes contiennent toutes les même ADN? Pour ma part, j’ai suivi cette voie pour repenser la thérapeutique anti-cancéreuse, une voie éloignée de celle suivie jusqu’à présent, et les résultats sont favorables. Et surtout, il y a là une thérapie combinée qui rend les chimiothérapies plus utiles, et moins dangereuses.
        Une remarque à l’attention de Stéphane Doliger, je trouve très très intelligent sa pratique de mettre un animal à jeûn pendant les deux jours qui précèdent une séance de chimio, en cancérologie humaine, on n’en pas là du tout, çà passe pour des fadaises !

        Bonne année à tous les lecteurs, Dr N. Baudin-J.

  6. Est t il possible de faire une chimiothérapie et de donner du DCA en meme temps??? Dans mon cas c’est pour améliorer la qualitée de vie de mon Chien merci a vous!

    • Le dichloroacétate potentialiserait l’activité de certaines chimiothérapies : je l’utilise souvent en association avec du carboplatine.

    • Bonjour, rien n’exclut d’utiliser du DCA conjointement à une chimiothérapie, Stéphane Doliger en a lui-même l’expérience, et de toute façon, la pénétration cellulaire des molécules de chimio est théoriquement facilitée par l’action du DCA, qui vient neutraliser cette gangue acide dans laquelle les cellules dégénérées se trouvent protégées.
      Dr N. Baudin-J.

  7. Bonjour Stéphane et bonjour à tous les vétérinaires intéressés par la médecine anti-cancéreuse.

    Je souhaite faire part à la communauté vétérinaire de la mise au point par moi-même d’un protocole anti-cancéreux fondé sur l’utilisation de tintures-mères végétales, préparées sous la forme de solution injectable. J’ai travaillé là-dessus depuis plusieurs années, et dorénavant, au-delà de l’expérience menée sur le DCA, qui semble assez concluante, mais qui est à approfondir, je dispose d’un moyen de réussir à maîtriser l’évolution de cancers, même graves, en offrant un gain très net sur le confort de vie, la régression physique des masses, l’amélioration franche de l’état général. Jusqu’à présent, sur les 10 cas environ qui ont été traités ou qui sont en cours de traitement, nous n’avons pas observé d’effet secondaire dans le traitement; la seule chose qui se voit est la fatigue qui suit chaque injection pendant 24 h.
    Les carcinomes mammaires, les fibrosarcomes répondent bien, les lymphomes malins aussi, mieux encore, et actuellement un ostéosarcome est en cours de protocole, avec un début de résultat positif.
    Pour détailler, bien sûr, l’alimentation est revue, je passe…des AINS utilisés en continu à dose filée et les plantes utilisées sont le Pao pereira, le Gingko Biloba, le Rauwolfia, le Curcuma et le gui du chêne, Viscum quercus.
    Pour une partie, ce protocole reprend les travaux du Pr Beljanski, si brillants et tombés dans l’oubli hélas, les données déjà connues sur le curcuma, mais en l’utilisant en injections cette fois -ci, et ceux aussi connus sur le Viscum, que des labos fabriquent déjà en ampoules injectables.
    Les injections peuvent être réaliséees en péritumoral voire intra-tumoral, deux fois à 10 j au maximum et pour l’ensemble du protocole, ce sont des injections IP qui sont à réaliser, deux fois par semaine dans un premier temps.
    La combinaison de ces cinq plantes fournit une action très vaste, je ne peux pas le détailler ici…venez voir l’article sur mon site: http://www.laboaquabiovet.com
    Je tiens à préciser que du fait su mode d’action de ces remèdes naturels ne permet pas d’obtenir une guérison des cancers, car en effet rien ne peut dedans permettre de tuer les cellules déja trop dégénérées pour échapper au contrôle de l’organisme. Là où ce protocole trouve aussi sa place, c’est en appui d’une chimio ou radio thérapie dont il va amplifier les effets et permettre de réduire le nombre e séances et les effets secondaires.
    Je ne tiens pas à vanter ce traitement comme une panacée, il y a bien des choses à faire pour le parfaire, mais je suis vraiment encouragé par les résultats déjà obtenus. Mon but est d’obtenir une AMM avec une synthèse moléculaire…d’ici là, j’encourage tous ceux qui le veulent à recruter des cas et se lancer, je fournis les produits et je couvre les effets observés.

    Je suis à l’écoute de vos question, j’y répondrai le mieux que je peux…

    Nicolas Baudin-J.

    • Bonjour cher confrère

      ça n’a pas grand chose à voir avec le DCA, mais toute nouvelle information concernant le cancer est la bienvenue !

      J’attends avec impatience qu’un essai clinique en vue d’AMM avec publication permette de valider votre expérience clinique.

      Cordialement

      Dr Stéphane DOLIGER

  8. Bonjour, comme je suis content de lire cet article sur le DCA ! Comme c’est une molécule très facile à obtenir, j’ai pu m’en procurer à la fac de sciences de Limoges voilà trois ans. Celà m’a permis de la tester sur quelques cas, à partir de ce que j’ai lu et des connaissances acquises dans l’approche métabolique des maladies dégénératives.
    Pour moi, le DCA a fait partie d’un protocole de traitement plus large, incluant le curcuma et le Pao pereira, selon les travaux de Mirko Beljanski. Dans tous les cas, le DCA venait dans la première phase du traitement, afin de libérer les cellules tumorales de leur gangue "lactique" pour faciliter leur pénétration par les autres remèdes et en effet, les mettre sur la voie de l’apoptose.
    J’ai fait boire ajouter le DCA à 15 mg/kg, pendant un mois, d’abord seul puis associé à du Gingko et du Curcuma, 3 chiens ont fait l’objet de ce traitement: plutôt âgés, un cas de lymphome, un autre d’un mastocytome très agressif et un autre d’un carcinome mammaire inopérable.
    Ils n’ont pas présenté d’effet secondaire après la prise de DCA, et j’ai suivi les constantes rénales, ce qui m’inquiétait un peu, mais sans observer d’évolution. Suivre l’évolution du pH interstitiel n’est bien sûr pas facile, on n’a pas de mesure des gaz du sang chez le chien, mais j’ai suivi les pH urinaires, qui sont un bon reflet du milieu interstitiel. Le DCA a semble-t-il apporté son intérêt puisque les pH urinaires ont remonté.
    En tout cas, sur ces 3 cas, ce que j’ai pu observer c’est que l’action du curcuma et du gingko a été plus rapide et efficace que d’habitude, et que j’ai pu passer à des doses moins fortes, et surtout dans la deuxième phase de traitement, lors de l’utilisation à dose forte du Pao pereira, les effets ont été nettement plus rapides.
    Au final, de façon concise, sur ces 3 cas, la survie était très compromise, nous avons offert plusieurs mois de vie confortable sur le premier, une disparitiion presque totale du mastocytome ( permise seulement ensuite par des injections in situ d’extraits végétaux anti-cancéreux) et un an de vie confortable aussi à la dernière chienne, mote par euthanasie après deux semaines d’arrêt du traitement.
    C’est trop tôt pour conclure, mais ce qu’il me semble c’est que le DCA ne peut constituer un traitement unique de cancer, il faudrait pour celà que toutes les cellules dégénérées soient capables de reprendre le chemin de l’apoptose, mais il y a des cellules déjà trop modifiées pour celà…c’est là que les molécules de chimio-thérapie ou la radio-thérapie vont agir pour les détruire.
    Mais le DCA semble être très intéressant comme support d’une thérapie métabolique et naturelle, comme je la pratique maintenant, après de longues mises au point.
    Merci à Stéphane Dolliger , au CHV st-MArtin de mettre en route des essais avec le plateau technique dont il dispose, dans l’attente de savoir si leurs observations iront dans les même sens que les miennes.

    Nicolas Baudin-J., 87250 Bessines s/G.

    • Bonjour et merci de ces précisions sur votre expérience.
      Le protocole que nous avons mis au point avec le Dr Laurent Schwartz associe du dichloroacétate, de l’acide alpha lipoïque et de l’hydroxycitrate.
      L’objectif de ce protocole est d’évaluer dans un premier temps les doses maximales utilisables (étude phase I) sur diverses tumeurs de très mauvais pronostic. Dans un deuxième temps, des lymphomes malins seront traités avec ce protocole, tout d’abord en association avec une chimiothérapie conventionnelle type ACOPA ou CHOP, puis en essayant de faire uniquement une chimiothérapie d’induction courte suivie du protocole DCA/ALA/HCA pour vérifier s’il est possible d’avoir les mêmes résultats qu’une chimiothérapie longue (6 mois).
      Bien entendu, les animaux traités reçoivent tous également une ration ménagère riche en protéines, pauvre en glucides et supplémentée en curcuma, thé vert matcha et oméga 3 (EPA/DHA). Du lansoprazole est également ajouté à 5 mg/kg pendant les 3 jours qui précèdent chaque chimiothérapie. Les propriétaires qui sont réceptifs sont également encouragés à pratiquer une diète de 48 h avant chaque séance de chimiothérapie.
      J’espère que nous pourrons tirer les premières conclusions de cette étude dans un an.

      • Bonjour,
        – Quelles sont les conclusions (non définitives) de cette étude, à bientôt 1 an ?
        – Sur quels types de tumeurs (phase I) l’étude a-t-elle pu être réalisée ?
        Merci de nous offrir une fenêtre sur d’autres traitements possibles…

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